« Nous sommes fiers de montrer la richesse culturelle de notre pays »
Trente-trois artistes du Cirque national de Pyongyang (Corée du Nord) sont en Belgique pour présenter d’étonnants numéros de voltiges et jongleries. Qui sont ces artistes ? Ri Ki Hyon, porte-parole du Cirque et responsable culturel dans son pays nous l’explique.

Cécile Chams et Tom Demeester

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Ri Ki Hyon, porte-parole du Cirque de Pyongyang.

C’est votre première tournée en Belgique ?
Ri Ki Hyon. Oui. Nous avons présenté ce spectacle à Amsterdam en juillet, puis nous sommes venus à Gand et Anvers. Nous irons ensuite au Luxembourg, puis en Allemagne. Nous rentrerons en Corée en janvier.

Parlez-nous de la troupe.
Ri Ki Hyon. La troupe compte 33 artistes, qui présentent 8 numéros différents. Ils répètent tous les jours durant 5 heures pour garder un niveau élevé, mais aussi pour prévenir les accidents. Leurs numéros sont parfois très difficiles et dangereux. Nous donnons un spectacle tous les soirs et deux le week-end.

Comment ces artistes sont-ils formés ?
Ri Ki Hyon. Ils viennent tous de l’école acrobatique de Pyongyang, fondée en 1952 par le gouvernement. Elle compte une centaine d’étudiants et 34 professeurs. La formation dure 9 ans. Les enfants sont sélectionnés à l’école primaire, vers 7 ou 8 ans, en fonction de leurs aptitudes physiques. S’ils n’habitent pas Pyongyang, ils peuvent y loger en internat, gratuitement. L’école acrobatique compte 3 ans d’école primaire, 3 ans de cours préparatoires et 3 ans de spécialisation. Les élèves ont des cours de gym acrobatique, de jonglerie et de magie, mais aussi des cours de math, littérature et langues étrangères, physique, chimie, histoire, géo, musique Le taux de réussite est de 93,5 %.

Le Cirque est-il populaire en Corée du Nord ?
Ri Ki Hyon. Très ! Notre pays a investi beaucoup d’argent dans la formation des artistes, dans l’équipement des bâtiments, Le premier Cirque de Pyongyang compte 3.000 places et il est complet chaque soir. Le programme est renouvelé toutes les semaines grâce au travail de 400 artistes. Les gens vont très souvent au cirque car l’entrée ne coûte que l’équivalent de 2 euros.

Votre pays traverse d’importantes difficultés. Comment voyez-vous votre rôle en tant qu’artistes ?
Ri Ki Hyon. Notre pays a été affecté par la chute du socialisme dans certains pays d’Europe. Puis, nous avons connu de terribles catastrophes naturelles, des inondations suivies de périodes de sécheresse. Mais nous avons la volonté d’édifier un pays fort, sous la direction du camarade Kim Jong Il. Tout le peuple est derrière lui. En tant qu’artistes, notre rôle est d’encourager le moral du peuple en lui offrant les meilleures prestations. Malgré les difficultés, notre pays continue à investir davantage dans la culture et l’enseignement.

Le cirque national de Pyongyang a acquis une réputation internationale. C’est important de vous produire à l’étranger ?
Ri Ki Hyon. Bien sûr ! Nous avons remporté de nombreuses médailles d’or lors de compétitions internationales et nous avons remporté cinq fois le clown d’or au festival de Monaco. Nous sommes fiers de représenter notre pays et de montrer sa richesse culturelle. Parfois, les gens viennent nous dire que notre spectacle leur a donné envie de visiter la Corée. Pour nous, c’est l’occasion de développer des relations culturelles avec les autres pays et de ramener aussi les devises dont notre pays a besoin.

Que pensent vos artistes de la vie en Occident ?
Ri Ki Hyon. Ils voient qu’ici, il y a des riches et des pauvres. Ils sont étonnés par l’importance du trafic automobile, de la pollution et du stress. Je pense qu’ils sont toujours contents de retrouver la Corée socialiste, où tous les gens sont égaux.

Aimeriez-vous présenter un spectacle en Corée du Sud ? _Ri Ki Hyon. Nous avons présenté un spectacle à Séoul l’an dernier. Des discussions ont été établies entre le Nord et le Sud dans les domaines culturel, économique et militaire. Les familles divisées ont pu à nouveau se rencontrer. Malheureusement, depuis le fameux discours de Bush sur « l’Axe du mal », le processus de réunification a pris un peu de retard. Mais nous sommes très heureux de la récente reprise du dialogue Nord-Sud.

(Solidaire, 4 septembre 2002)

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